Les agressions sexuelles en milieu militant : et si on en parlait ?

La BOUFFÉE propose, jeudi 24 janvier 2019 au bar le Panama ,
un temps de discussion sur les agressions sexuelles en milieu militant.
Depuis trois ans, plusieurs cas ont divisé les forces militantes de la « gauche
radicale » rennaise. Des militants rennais ont été dénoncés nominativement
et publiquement pour avoir agressé des femmes.
À Rennes, comme ailleurs, les agressions sexuelles interpellent toute la « gauche radicale », notamment parce qu’elles provoquent des débats qui ne sont pas réservés aux milieux militants. Faut-il que les femmes portent plainte ? Systématiquement ou non ? Faut-il les inciter à porter plainte lorsqu’elles n’osent pas ou ne le souhaitent pas ? Que  faire quand le dépôt de plainte n’aboutit pas ? La justice – lorsqu’elle est considérée comme bourgeoise, raciste, sexiste – doit-elle être quand même saisie ? La prison est-elle une solution ? Que faire des agresseurs lorsqu’ils sortent de prison ? Que faire des agresseurs lorsqu’ils échappent à la justice et/ou à la prison ? Bien au-delà des seules organisations dont sont membres les agresseurs et les agressées, toute organisation – association, syndicat, parti, collectif… – est susceptible d’être concernée par des agressions sexuelles en son sein. Des questions se posent à nous tous et toutes : Que font et que doivent faire les organisations des militants auteurs d’agressions ? Un militant reconnu comme un agresseur doit-il être exclu de son organisation ? Comment doivent réagir les autres organisations ? Un militant agresseur doit-il être dénoncé publiquement lorsqu’il souhaite participer à une mani-festation ou une réunion ? Faut-il aller jusqu’à l’exclure physiquement dès qu’il apparaît dans l’espace militant ?

La violence physique est-elle légitime contre les agresseurs ? Quelle doit être la place de la parole des agressées, plus largement des femmes, dans la gestion militante des agresseurs ?
La Bouffée n’a pas les réponses et ces questions et leur formulation ne sont bien entendu pas fermées, et mériteraient une discussion critique. Cependant, elles nous semblent importantes pour ouvrir la discussion sur deux thèmes fondamentaux : la place de la justice dans la gestion des agressions sexuelles ; le rôle des organisations dans la gestion des militants agresseurs et dans la prise en charge des agressées.
Tout comme le racisme avec les racisé-e-s, le sexisme – notamment les agressions sexuelles – précarise l’engagement des militantes et divise la « gauche radicale ».

…Le 24 janvier répond au 24 novembre… NON AUX VIOLENCES !